Santé et environnement

Exposition à court terme à la pollution atmosphérique et dyspnées cardiaques : Étude de cas en Région Sud

Résumé. La pollution de l’air, en particulier les particules fines  et les polluants gazeux tel que le dioxyde d’azote () et l’ozone (), sont une menace maintenant avérée pour la santé mondiale. La durée d’exposition à la pollution de l’air a différents impacts sur la santé. Une exposition à court terme augmente le nombre d’admissions à l’hôpital et le taux de mortalité. Bien que la relation entre exposition à court terme à la pollution et pathologies cardiaques soit largement établie, le lien avec la dyspnée cardiaque est moins clairement établi.

Dans cette étude, l’objectif est de mettre en évidence ce lien en région Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur).  L’analyse est de 2013 à 2018 avec un total de 43.404 évènements. Les données de polluants (,) et climatiques (température et pression) sont journalières. L’analyse statistique s’est décomposée comme il suit.

Premièrement, la région Sud a été divisée en 366 zones, correspondant au niveau le plus petit de résolution compatible avec les données de santé et environnementales. Afin d’identifier des zones similaires en terme de distribution de dyspnées cardiaques au cours du temps, une technique de clustering fonctionnel multivarié (fun-HDDC) a été appliquée. Puis, le distributed lag non-linear model (DLNM) a permis de mettre en évidence une relation entre l’exposition à court terme à la pollution et les dyspnées cardiaques. Enfin, le développement d’une application web nommé HEART (Health, Environment in PACA Region Tool) permet de présenter l’ensemble des résultats plus aisément.

L’étude montre que chaque polluant a un effet spécifique sur les dyspnées cardiaques :  le nombre de jours entre l’évènement de dyspnée cardiaque et l’exposition à un polluant diffère selon le polluant et la zone étudiée. Enfin, il est possible d’estimer le niveau de seuil de pollution qui peut augmenter le risque relatif de dyspnée cardiaque.

Participants au projet : Pr Charles Bouveyron (Chaire Inria Data Science, UCA), Pr Pierre Gibelin (CHU Nice), Dr Didier Giolito (CHU Nice), Pr Jacques Levraut (CHU Nice), Eric Monch (DRC CHU Nice), Pr Charles Maria (ATMOsud), Christine Pintaric (DRC CHU Nice), Dominique Robin (ATMOsud).